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Les nouveaux projets iconoclastes des architectes du Grand Paris

par BEATRICE JEROME, Le Monde.fr, 20 avril 2013

Christian de Portzamparc le dit sans colère. “Le Grand Paris ne peut pas se résumer à un projet de grand métro enterré. Il faut inventer un projet intelligent en surface.” Jean Nouvel est plus amer : “Sarkozy s’est laissé enfermer dans le grand métro de Christian Blanc [ex-secrétaire d’Etat au Grand Paris] qui s’est livré à un sabotage évident du travail des architectes.” L’urbaniste Michel Cantal-Dupart l’affirme sans détour : “Les architectes sont les cocus du Grand Paris.” “Il y avait un rêve formidable. Il a disparu”, lâche, dépité, Roland Castro.

Les grands noms de l’architecture française ne cachaient pas leurs désillusions, vendredi 19 avril, dans les couloirs du Palais de Tokyo, dans le 16e arrondissement. Quatre ans après la “consultation internationale” lancée à la demande de Nicolas Sarkozy sur le Grand Paris, à laquelle ils avaient pour la plupart participé, ils ont pourtant accepté de remettre leur ouvrage sur le métier. A la demande de l’Atelier international du grand Paris (AIGP), ils ont présenté leurs idées pour “habiter le grand Paris”. Quinze agences d’architectes ont rendu publiques leurs solutions pour produire 70 000 logements par an soit un doublement de l’effort actuel, en Ile-de-France.

L’arrière-pays francilien sera le laboratoire du Grand Paris : la plupart des architectes en sont convaincus. Si l’architecte hollandais Winy Maas propose de surélever les toits des immeubles hausmanniens parisiens ; si Roland Castro reste un ardent militant de la la requalification des quartiers sensibles de banlieue ; ou si Richard Rogers et Elisabeth de Portzamparc promeuvent chacun les gratte-ciels comme antidote à l’étalement urbain, la majorité des architectes s’aventure sur un autre terrain : la Grande Couronne et le péri-urbain sont les territoires d’avenir, disent-ils, pour inventer un nouveau modèle de métropole.

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Les “toits verts” se multiplient dans les villes françaises

par AUDREY GARRIC, lemonde.fr, 9 avril 2013

Centre commercial Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement de Paris Photo: L. Zylberman (Graphix-Images) Source: www.lemonde.fr

Centre commercial Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement de Paris
Photo: L. Zylberman (Graphix-Images)
Source: www.lemonde.fr

A 30 m au-dessus du sol, des milliers de campanules, digitales ou euphorbes sortent timidement de terre, bravant le froid vigoureux de ce printemps. La plus grande toiture végétalisée de Paris – 7 000 m2, soit l’équivalent d’un stade de football – a été inaugurée, jeudi 4 avril, au sommet du centre commercial Beaugrenelle (15e arrondissement), en cours de rénovation. Ces jardins suspendus doivent concilier havre de biodiversité et régulation climatique, un objectif alléchant mais loin d’être évident.

Dans ce “pré haut” surplombé de tours d’habitation, des graminées et des plantes à bulbes prennent racine sur 40 cm de terre, arrosées à partir d’eau de pluie. Un espace de 800 m² doit être réservé à un “jardin partagé” ; le reste du site sera interdit au public. “On va avoir une multitude d’insectes et, on l’espère, des mésanges, des rouges-queues ou des pinsons qui pourront s’y alimenter, se reposer et se reproduire”, escompte Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux, association partenaire du projet. Pour attirer les volatiles, des nichoirs seront bientôt installés à côté d’une dizaine de ruches.

Le coût du chantier Beaugrenelle est évalué à 450 millions d’euros par Gecina, le propriétaire du centre commercial, qui ne précise pas celui de la toiture. “Il n’est plus possible aujourd’hui de concevoir la ville sans également concevoir la place de la nature”, affirme Anne Hidalgo, première adjointe (PS) du maire de Paris.

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Un appel à projets pour végétaliser Paris

lemoniteur.fr, 29 mars 2013

La Ville de Paris s’associe au Paris Région Lab pour lancer un appel à projets dédié à la végétalisation innovante. Elle invite les entreprises et associations à venir expérimenter en grandeur nature leurs solutions expérimentales dans les domaines de la biodiversité, de l’agriculture urbaine et de l’adaptation de la ville au changement climatique. Celles-ci pourront tester leurs prototypes dans l’espace public et sur les bâtiments, pendant une durée pouvant atteindre 3 ans.

Suivant les objectifs du Plan Biodiversité, du Plan Climat Energie et du Livre Bleu de la Ville de Paris, cet appel à projets a pour but d’encourager et d’accompagner des expérimentations en matière de végétalisation qui permettront aux espèces animales et végétales de s’établir de manière durable, qui participeront à lutter contre les îlots de chaleur et contribueront au rafraîchissement de la ville et au rapprochement entre producteurs et consommateurs.

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Beaugrenelle : un coin de nature idéal pour parler de la bio-diversité à Paris

par ADRIEN POUTHIER, lemoniteur.fr, 4 avril 2013

Perspective du futur centre commercial Beaugrenelle Photo: Valode et Pistre Architectes Source: www.lemoniteur.fr

Perspective du futur centre commercial Beaugrenelle
Photo: Valode et Pistre Architectes
Source: www.lemoniteur.fr

Anne Hidalgo a inauguré en compagnie d’Allain Bougrain Dubourg jeudi 4 avril la toiture végétalisée du futur centre commercial Beaugrenelle imaginé par Valode et Pistre.

“Bon c’est vrai pour l’instant, on dirait un paysage de steppe d’Asie centrale”, concède Anne Hidalgo en riant. Il n’empêche, la surface végétalisée de la toiture du futur centre commercial Beaugrenelle (15e arrondissement de Paris) inaugurée jeudi 4 avril par la première adjointe au maire de Paris chargée de l’urbanisme est déjà impressionnante.

Perchés à une trentaine de mètres au-dessus de la Seine, les 7000 m2 de verdure représentent déjà la plus grande surface de toiture végétalisée de la capitale. Et si les espèces de plantes soigneusement sélectionnées pour être les plus adaptées au milieu peinent encore à se développer à cause du froid persistant, on imagine sans mal que l’idée des ses concepteurs de faire du lieu une mini-réserve naturelle se concrétisera sans mal. Le centre commercial Beaugrenelle sera alors à la fois un outil commercial et un outil de préservation de la bio-diversité.

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Des logements attrapent la lumière pour tendre vers l’énergie positive

par MILENA CHESSA et ERIC LEYSENS, lemoniteur.fr, 26 février 2013

Façade est sur rue. Photo: Luc Boegly Source: www.lemoniteur.fr

Façade est sur rue.
Photo: Luc Boegly
Source: www.lemoniteur.fr

La Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) a inauguré le 25 février une opération de 17 logements sociaux dans le 11e arrondissement. Panneaux photovoltaïques, miroirs réflecteurs et puits de lumière, les solutions techniques mises en œuvre par l’agence d’architecture Baudouin Bergeron permettent d’estampiller le bâtiment Bepos.

Livré vendredi 22 février, habité samedi 23, inauguré lundi 25. Le bâtiment situé au 7, rue Guénot à Paris (11e) était très attendu. D’autant qu’il avait attiré l’attention dès sa conception en 2009, en s’annonçant comme le premier immeuble de logement social à énergie positive de la capitale (voir notre article). L’objectif affiché par le maître d’ouvrage, la RIVP, était de « démontrer la faisabilité technique et économique d’un [tel] bâtiment dans le tissu urbain parisien ». « Cette demande inhabituelle nous a poussé dans nos retranchements, explique l’architecte Hélène Bergeron, associée à Laurence Baudouin. Nous avons travaillé avec le bureau d’étude thermique Pouget Consultants dès les esquisses pour que l’immeuble consomme peu et évite les systèmes trop technologiques, trop compliqués, nécessitant trop d’entretien. Ici, pas de ventilation double-flux, les habitants sont libres d’ouvrir la fenêtre s’ils ont chaud et de la refermer s’ils ont froid. »

Produire sur le toit autant que l’énergie consommée dessous

Le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre parlent de bâtiment à énergie positive car, dans les simulations, les 33 kWh d’énergie primaire/m².an produits par les 127 m² de panneaux photovoltaïques installés en toiture dépassent la consommation des cinq postes pris en compte par la réglementation thermique – chauffage, ECS, éclairage, ventilation et auxiliaires – qui s’élève à 32 kWhep/m².an. « Il était nécessaire de produire sur le toit autant que l’énergie consommée sous le toit », rappellent les architectes.

Mais ce bâtiment peut-il prétendre au label Bepos qui impose que les consommations électrodomestiques (téléviseurs, ordinateurs,…) figurent dans le bilan énergétique ? Pour cet immeuble situé en centre urbain dense et s’élevant sur six niveaux, l’exigence imposée par le nouveau label est que la consommation non renouvelable – électrodomestique inclus – ne dépasse pas de plus 70 kWhep/m².an la production électrique photovoltaïque (pour comprendre le détail du calcul, voir notre article). Le bilan énergétique du bâtiment coïncidant bien avec cet écart à l’énergie positive, il pourra être estampillé Bepos.

Les occupants devront normalement assumer des charges de chauffage (air et eau) trois fois inférieures à celles qu’ils auraient dû payer dans un bâtiment RT 2005. Pierre Aidenbaum, président de la Régie immobilière de la Ville de Paris, espère que cet immeuble de 17 logements sociaux aujourd’hui réalisé devienne une « référence » et un « exemple pour le secteur privé ».

FOCUS
Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP).

Maîtrise d’œuvre : Baudouin Bergeron architectes, architectes. Pouget Consultants, BET thermique ; LGX Ingénierie, BET TCE et économie.

Entreprise générale : Francilia.

Entreprises sous-traitantes : Snipca (plomberie et chauffage), CTP (peinture), Vibig (cloisons doublages), Batei (étanchéité), Da Silva frères (isolation thermique extérieure), Vertikal (volets et stores), RMJ (installation de production photovoltaïque), Samson (serrurerie), Batex (bardages métalliques), Ducloux (murs à ossature bois et charpente), Coralec (électricité, hors photovoltaïque), Oleolift (appareils élévateurs).

Surfaces : 1453 m2 Shon, 1765 m2 Shob, 1033 m2 Shab.

Coût des travaux : 3,1 millions d’euros HT.

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